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ONZUS

Courrier adressé à Monsieur le Secrétaire Général Secrétariat Général du Conseil Interministériel des villes

le 28 octobre 2011

 

Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Interministériel des Villes

Monsieur le Directeur Général de l’ACSé

 

Nous avons bien pris connaissance de la proposition conjointe du SGCIV, de l’ONZUS et de l’ACSé d’associer l’Anaré au comité de pilotage de l’évaluation quantitative de l’impact des projets de Réussite Educative sur la situation des bénéficiaires.

Après concertation de l’ensemble des administrateurs qui se sont réunis mardi 11 octobre, nous vous informons de notre décision de ne pas répondre favorablement à cette proposition.

En effet, l’objet de cette étude, mais aussi son fondement même nous invite à un certain nombre de questionnements que nous vous exposons dans le présent courrier.

Le type d’étude que vous souhaitez mener en comparant les résultats scolaires de deux cohortes ne pourra effectivement évaluer que des résultats scolaires. Certes ces résultats restent une composante importante de la réussite de l’enfant. Cependant, cette étude semble éluder de fait la mesure de toutes les réussites dans les autres dimensions de l’éducation, qui bien que plus difficilement quantifiables, n’en demeurent pas moins, l’essence même de l’intervention complexe des PRE.

En effet, rappelons-nous que si le PRE contribue de fait aux performances scolaires, cela n’est pas sa finalité première. Il est dès lors possible de considérer que le PRE rempli pleinement sa mission, dès l’instant qu’il permet à un enfant et à sa famille de s’épanouir, quel que soit le champ qu’ils décident d’investir afin de parvenir à leur réussite éducative (restauration du lien familial et / ou développement personnel et / ou champ scolaire….).

Nous craignons, en conséquence, que l’objet de cette étude et ses finalités laissent à penser que l’action des PRE se cantonnerait à la sphère de l’école, occultant l’approche globale, et que ses effets ne seraient mesurables qu’à l’aune des résultats scolaires.

Comme vous le savez, l’Anaré est attachée par principe au recours à l’évaluation, outil indispensable à l’amélioration des politiques publiques. C’est dans ce sens que nous nous associons depuis le début aux différentes études qui ont été menées par l’Acsé. En outre, les professionnels qui font la réussite éducative ont largement contribué au travers de dispositifs d’évaluation des projets locaux à la production de sens et à l’effort d’objectivation sur les questions éducatives.

A titre d’information le Conseil d’Administration a pris la décision d’informer les membres de son réseau de sa décision.

Nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations les meilleures.

Pour le Conseil d’Administration de l’A.N.A.R.E.

Le Président,

Frédéric BOURTHOUMIEU

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Courrier adressé à Monsieur le Directeur Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances

le 23 janvier 2012

 

Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Interministériel des Villes

Monsieur le Directeur Général de l’ACSé

 

Par ce courrier nous faisons suite à la rencontre qui s’est tenue le mardi 10 janvier dernier au SGCIV, en réponse à notre courrier du 28 octobre 2011 vous faisant part de notre souhait de ne pas participer à l’étude d’impact sur les PRE.

Nous souhaitons tout d’abord vous remercier pour le temps que vous avez accordé à ce sujet pour le moins complexe de l’évaluation des PRE (nous y reviendrons), ainsi que pour la qualité des échanges qui ont eu lieu.

S’agissant du principe d’une évaluation des PRE, de leurs effets sur les territoires, l’anaré ainsi que l’ensemble des acteurs engagés, ont eu à coeur depuis 2005 de développer des processus d’évaluation sur leurs territoires et de participer à différents échelons, dont le national, à des études initiées par d’autres.

Cette mobilisation illustre à notre sens, d’une part la prise de conscience des acteurs locaux de la nécessité d’évaluer ce type de dispositif notamment eu égard aux moyens financiers qui leurs sont dédiés, et d’autre part leur conviction de l’apport indéniable des PRE depuis 2005 plus particulièrement dans les dynamiques éducatives locales, dans le champ de la parentalité ou bien encore autour de la question assez nouvelle de la personnalisation des parcours éducatifs proposés.

S’agissant plus particulièrement de l’étude d’impact des PRE aujourd’hui initiée par le SGCIV, nous souhaitons redire ici, notre réticence à l’envisager par le seul prisme des résultats scolaires. Comment en effet, isoler l’action des PRE sur des résultats scolaires alors même que ce qui fonde leur action est l’approche globale et que leur intervention est par nature multi factorielle ? En outre, ce qui fait aujourd’hui la réussite des PRE est bien leur capacité à faire réseau sur un territoire, pour le bénéfice des enfants accompagnés. Nous tenons ainsi à rappeler que les organisations PRE sont singulières et ont une incidence directe sur le type de réseaux d’acteurs mobilisés ou pas dans l’élaboration des parcours et le type d’interventions proposées.

Nous soulignons également la relative contradiction que nous voyons entre le fait de vouloir mesurer, ne fusse que partiellement, les PRE à l’aune des résultats scolaires alors que l’invitation nous est faite d’accompagner les enfants les plus en difficulté, voir en voie de déscolarisation.

Sur ces points vous nous avez fait part de votre convergence de vue et informé de modifications substantielles des attendus de l’étude, laquelle devrait selon vous montrer la diversité des expériences et démontrer leur efficience. Nous prenons acte de cette orientation prise et restons attentifs sur ce point notamment à la lumière du plan d’action de l’acsé dans lequel figure encore à notre sens une orientation « scolaro-centrée » des PRE.

Nous vous avons également alerté sur ce que nous appelons les injonctions contradictoires de l’Etat local qui semblent vouloir réduire la durée des accompagnements alors que vous nous dites que cette étude tiendra compte de la lenteur et de la durée parfois longue d’un accompagnement efficace.

En conséquence et conformément à notre engagement la délégation présente a proposé au Conseil d’Administration de l’anaré de participer au comité de pilotage de cette étude. Dans ce sens et afin d’assurer une présence continue et de qualité nous sollicitons la possibilité de désigner trois personnes de l’anaré qui siègerons à

ce comité de pilotage. Il conviendra malgré tout qu’une attention soit portée à la fin de l’étude sur la tentation de définir ce que seraient « de bons PRE » ou de « mauvais PRE », dans la mesure où chaque PRE travaille à l’accompagnement des enfants selon les spécificités et ressources dont il dispose sur le territoire.

Nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos salutations les meilleures.

Pour le Conseil d’Administration de l’A.N.A.R.E.

Le Président,

Frédéric BOURTHOUMIEU

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